La micro-entreprise est souvent le choix numéro un pour se lancer : simple, rapide, peu coûteuse.
Mais plus votre activité grandit, plus ce statut peut devenir… un piège. Charges élevées, plafond de chiffre d’affaires, impossibilité de déduire ses frais, manque de crédibilité : beaucoup d’entrepreneurs attendent trop longtemps avant de changer.
Alors, à partir de quel moment faut-il vraiment passer en société ?
La réponse dépend moins d’un seuil légal… que de votre rentabilité.
Les limites cachées de la micro-entreprise
Au début, la micro est très attractive. Vous profitez notamment :
- d’une création rapide
- d’une comptabilité simplifiée
- de cotisations uniquement si vous encaissez du chiffre d’affaires
- d’aucun frais de structure
Le problème apparaît quand votre activité grossit.
Contrairement à une société, vous payez vos cotisations sur le chiffre d’affaires brut, et non sur le bénéfice réel.
Autrement dit : même si vous avez beaucoup de dépenses, l’administration considère que vous avez tout gagné.
Résultat : plus vous facturez, plus l’écart de rentabilité se creuse.
Les seuils de chiffre d’affaires à garder en tête
Il existe quelques repères simples pour se situer.
- En dessous de 30 000 à 35 000 € par an
La micro reste généralement le meilleur choix.
La simplicité administrative compense largement le reste. - Entre 40 000 et 60 000 €
On entre dans une zone d’arbitrage.
Tout dépend de vos frais professionnels.
Si vous dépensez peu, la micro reste pertinente.
Si vous avez du matériel, des logiciels, de la publicité ou des déplacements réguliers, vous commencez probablement à perdre de l’argent.
- Au-delà de 60 000 à 70 000 €
La société devient souvent plus avantageuse financièrement.
Vous pouvez : - déduire vos charges réelles
- optimiser votre rémunération
- séparer salaire et dividendes
- gagner en crédibilité auprès des clients
À ce stade, rester en micro relève plus du confort… que de la rentabilité.
À l’approche des plafonds légaux (77 700 € services / 188 700 € vente)
Il faut anticiper votre transition. Attendre le dépassement complique la gestion.
Le vrai indicateur : vos dépenses professionnelles
En réalité, le chiffre d’affaires seul ne suffit pas.
La bonne question est : combien vous reste-t-il à la fin du mois ?
Prenons un exemple simple.
Vous facturez 60 000 € par an avec 20 000 € de dépenses.
- En micro → cotisations sur 60 000 €
- en société → cotisations sur 40 000 €
Cette différence peut représenter plusieurs milliers d’euros économisés.
De manière générale, si vos frais dépassent 25 à 30 % de votre chiffre d’affaires, le passage en société mérite d’être sérieusement étudié.
Faut-il quitter la micro-entreprise le plus vite possible ?
Pas forcément.
La micro reste parfaitement adaptée si :
- vous débutez
- vous testez une idée
- vous avez très peu de charges
- vous voulez éviter la gestion administrative
En revanche, si vous souhaitez embaucher, investir, développer votre activité ou vous verser un revenu plus stable, une société (SASU ou EURL) offre plus de flexibilité.
La micro est un excellent point de départ.
Mais pour beaucoup d’entrepreneurs, elle ne doit pas être une solution à long terme.







