Créer une entreprise implique de nombreuses décisions dès les premières semaines. Entre le choix du statut, les premières dépenses, les contrats ou les relations avec les partenaires, les entrepreneurs avancent souvent vite, parfois trop. Or, certaines erreurs juridiques commises durant les six premiers mois peuvent fragiliser durablement une société, même lorsque l’activité démarre bien. Voici les plus fréquentes.
Choisir un statut juridique sans en mesurer les conséquences
Le choix du statut juridique est habituellement fait dans un objectif de rapidité ou de simplicité. Beaucoup d’entrepreneurs se basent sur des conseils trouvés en ligne ou sur des comparaisons trop générales, sans réellement analyser les conséquences à moyen terme.
Un statut mal adapté peut poser problème dès que l’activité évolue : arrivée d’un associé, augmentation du chiffre d’affaires, besoin de financement ou changement d’activité. Ce qui semblait pratique au départ peut alors devenir contraignant, voire risqué sur le plan juridique.
Considérer les statuts comme une simple formalité
Une fois l’entreprise immatriculée, les statuts sont souvent oubliés. Pourtant, ils constituent le cadre juridique de fonctionnement de la société. Répartition des pouvoirs, règles de prise de décision, conditions de sortie d’un associé : tout y est inscrit.
Lorsque les statuts sont imprécis ou mal rédigés, les problèmes apparaissent au premier désaccord ou lors d’un changement important. Corriger ces erreurs après coup peut être long, coûteux et juridiquement complexe.
Mélanger argent personnel et argent de l’entreprise
Durant les premiers mois, il est fréquent que les dirigeants utilisent leur compte personnel pour régler certaines dépenses ou, inversement, qu’ils se servent sur le compte de la société sans formaliser les choses.
Cette confusion entre patrimoine personnel et professionnel peut avoir de lourdes conséquences. Elle fragilise la séparation juridique entre le dirigeant et l’entreprise et peut remettre en cause la protection offerte par la responsabilité limitée.
S’engager juridiquement sans en avoir conscience
Un devis accepté par mail, un accord oral confirmé par écrit, un “ok” envoyé trop rapidement : de nombreux engagements juridiques sont pris sans que l’entrepreneur en ait pleinement conscience.
Dans les premiers mois, l’envie d’aller vite et de satisfaire ses premiers clients conduit souvent à négliger le cadre juridique des engagements pris. Pourtant, une société peut être tenue par un contrat parfaitement valable, même en l’absence de document signé formellement.
Oublier certaines obligations légales dès le départ
Toutes les obligations juridiques ne sont pas visibles immédiatement. Certaines décisions doivent être formalisées, certaines démarches effectuées dans des délais précis, même pour une petite structure.
Le problème est que ces obligations ne se rappellent souvent à l’entrepreneur qu’en cas de contrôle, de litige ou de difficulté. Les oublier ne les rend pas optionnelles pour autant.
Croire que la responsabilité du dirigeant est toujours limitée
Beaucoup de dirigeants pensent être automatiquement protégés dès lors qu’ils créent une société. En réalité, la responsabilité limitée connaît de nombreuses exceptions.
Faute de gestion, engagements personnels, confusion des patrimoines ou non-respect de certaines règles peuvent engager la responsabilité personnelle du dirigeant, parfois sans qu’il en ait conscience au moment des faits.
La majorité des erreurs juridiques commises durant les six premiers mois ne sont ni volontaires ni graves sur le moment. Elles résultent le plus souvent d’un manque d’information ou d’une volonté d’aller vite. Pourtant, ces décisions peuvent avoir des conséquences durables sur la sécurité juridique de l’entreprise. Prendre le temps de comprendre le cadre juridique dès le départ reste l’un des meilleurs moyens de sécuriser son activité sur le long terme.







