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ArcelorMittal : la Flandre gèle 317,5 M€ d'aide

ArcelorMittal : la Flandre gèle 317,5 M€ d'aide

Crédit image : ArcelorMittal

Le gouvernement flamand a décidé de suspendre le versement de 317,5 millions d'euros initialement prévus pour accompagner la transformation industrielle de l'usine ArcelorMittal de Gand, en Belgique. Cette décision fait suite au report des investissements du sidérurgiste dans la production d'acier bas carbone.

Le 13 octobre 2026, les autorités flamandes ont confirmé la suspension provisoire d'un financement public de 317,5 millions d'euros destiné à ArcelorMittal. Cette enveloppe devait contribuer à la modernisation du site industriel de Gand, dans le cadre d'un vaste programme de réduction des émissions de CO₂.

Un financement de 317,5 millions d'euros temporairement bloqué

Initialement, le gouvernement flamand devait injecter 140 millions d'euros en 2026, puis 177,5 millions d'euros supplémentaires en 2027. Ces fonds étaient destinés à FINOCAS, une structure associant les autorités flamandes et ArcelorMittal pour accompagner les investissements du groupe.

Le calendrier de financement a toutefois été remis en question après la décision du sidérurgiste de reporter ses projets de décarbonation.

Les autorités flamandes ont donc choisi de suspendre les versements prévus. Il ne s'agit pas d'une annulation définitive des engagements publics, mais d'une adaptation du financement à l'avancement réel des investissements industriels.

Le ministre-président flamand, Matthias Diependaele, maintient ainsi l'ambition régionale de soutenir la transformation de l'industrie sidérurgique. Les futurs décaissements devront néanmoins correspondre à des réalisations concrètes sur le site de Gand.

ArcelorMittal reporte un projet industriel de plusieurs milliards d'euros

En 2021, ArcelorMittal avait annoncé un programme d'investissements d'environ 2 milliards d'euros pour transformer son usine de Gand, l'un des principaux sites sidérurgiques de Belgique.

Le projet prévoyait notamment l'installation d'équipements de réduction directe du minerai de fer (DRI) et de fours à arc électrique. Ces technologies doivent permettre de réduire considérablement le recours au charbon dans la fabrication de l'acier et, par conséquent, les émissions de dioxyde de carbone.

Cependant, dès novembre 2024, ArcelorMittal avait annoncé le report de sa décision d'investissement, estimant que les conditions économiques ne permettaient pas de garantir la rentabilité du projet.

Plusieurs obstacles avaient alors été identifiés : le coût élevé de l'énergie en Europe, la concurrence des importations d'acier à bas prix et une demande encore insuffisante pour les produits sidérurgiques bas carbone.

En avril 2025, l'attribution d'un financement européen potentiel de 262,1 millions d'euros au titre du Fonds pour l'innovation n'avait pas suffi à relancer le programme.

Un nouveau signal d'alerte pour la sidérurgie européenne

La suspension du financement flamand illustre les difficultés auxquelles se heurte la décarbonation de l'industrie lourde européenne.

Le secteur sidérurgique doit réaliser des investissements considérables pour adapter ses outils de production aux objectifs climatiques. Ces transformations nécessitent cependant des conditions énergétiques et commerciales suffisamment favorables pour préserver la compétitivité des entreprises.

Pour ArcelorMittal, les enjeux dépassent la seule réduction des émissions de CO₂. Le site de Gand représente également un important bassin d'emploi industriel, avec plusieurs milliers de salariés et de nombreux sous-traitants.

Sommaire

  • Un financement de 317,5 millions d'euros temporairement bloqué
  • ArcelorMittal reporte un projet industriel de plusieurs milliards d'euros
  • Un nouveau signal d'alerte pour la sidérurgie européenne