ArcelorMittal approfondit son partenariat avec les Innus de Uashat mak Mani-utenam, sur la Côte-Nord québécoise. Le groupe minier et Innu Takuaikan Uashat mak Mani-utenam (ITUM) ont officialisé, le 17 septembre 2026, une nouvelle entente visant le développement économique, communautaire et culturel de la communauté.
L'accord a été signé à Sept-Îles par Mapi Mobwano, président et chef de la direction d'ArcelorMittal Exploitation minière Canada, et Jonathan Shetush, chef d'ITUM.
Au-delà du soutien à plusieurs initiatives locales, le partenariat doit surtout permettre à la communauté de développer progressivement les compétences et les moyens nécessaires pour exploiter ses propres activités minières.
Vers une entreprise minière exploitée par la communauté innue
ArcelorMittal prévoit d'allouer des fonds et des ressources pour développer les capacités techniques de la communauté. L'objectif, à terme, est de permettre aux Innus de disposer d'une entreprise capable d'opérer de manière autonome dans le secteur minier.
Le dispositif doit notamment passer par des programmes de formation et un accompagnement technique, mais pourrait également permettre le développement d'activités dans les infrastructures et les services destinés à l'industrie minière.
L'enjeu dépasse donc le versement de compensations financières liées à l'exploitation des ressources naturelles. Le partenariat doit favoriser la création d'activités économiques directement contrôlées par la communauté et le développement de compétences locales sur le long terme.
Les montants financiers associés à l'accord n'ont toutefois pas été rendus publics.
Une fosse de 13 millions de tonnes réservée aux Innus
Cette nouvelle étape s'inscrit dans un projet plus ancien d'ArcelorMittal. Dès 2023, le groupe avait annoncé son intention de réserver aux Innus de Uashat mak Mani-utenam une fosse contenant environ 13 millions de tonnes de minerai, afin de favoriser la création d'une entreprise autochtone d'exploitation minière.
Le projet n'avait pas encore abouti, ArcelorMittal expliquant notamment vouloir réunir les conditions économiques, techniques et humaines nécessaires pour assurer sa viabilité.
La société avait parallèlement lancé des actions de formation, dont une cohorte destinée à former des opérateurs de machinerie lourde issus de la communauté.
Le nouvel accord doit désormais fournir un cadre supplémentaire à cette ambition. Selon les représentants d'ArcelorMittal, il pourrait ainsi mener à terme à la création de la première compagnie minière innue.
Des fonds pour l'entrepreneuriat et les infrastructures
Le partenariat ne porte pas uniquement sur l'exploitation minière. Il doit également financer plusieurs axes de développement au sein de Uashat mak Mani-utenam.
ArcelorMittal évoque notamment le soutien à la vitalité culturelle, à l'entrepreneuriat, à la formation et aux infrastructures communautaires. Les projets soutenus seront déterminés en fonction des priorités définies par la communauté.
L'accord vient renforcer une relation économique déjà ancienne entre les deux parties. ArcelorMittal et ITUM avaient notamment conclu en 2012 une entente sur les répercussions et les avantages entourant les activités minières du groupe dans la région.
Avec cette nouvelle étape, les deux partenaires cherchent désormais à aller au-delà du modèle reposant principalement sur les retombées financières de l'exploitation minière, en donnant à la communauté les moyens de participer directement à cette activité économique.