Beaucoup d’entrepreneurs se posent la question trop tard.
L’activité fonctionne “un peu”, le chiffre d’affaires tombe, mais le doute s’installe : est-ce que ce projet peut vraiment durer ?
Car la viabilité d’une activité ne se résume pas à encaisser de l’argent. Elle repose sur un équilibre fragile entre revenus, charges, énergie et perspectives. Et c’est souvent cet équilibre qui fait défaut.
Le chiffre d’affaires ne suffit pas
Première erreur classique : confondre activité et viabilité.
Une entreprise peut générer du chiffre d’affaires tout en étant structurellement fragile.
La vraie question n’est pas “est-ce que je facture ?” mais plutôt :
est-ce que ce chiffre d’affaires permet de couvrir les charges, de dégager un revenu correct et de se projeter ?
Une activité qui oblige à travailler toujours plus pour gagner la même chose n’est pas viable sur le long terme, même si elle “tourne”.
La rentabilité réelle, pas théorique
Beaucoup de projets semblent rentables… sur le papier.
En réalité, une activité est viable si elle permet :
- de payer toutes les charges
- de rémunérer correctement l’entrepreneur
- de conserver une marge de sécurité
Si, une fois tout payé, il ne reste presque rien, le problème n’est pas le volume d’activité mais la structure même du modèle économique.
Une activité viable doit produire plus que de la survie.
La trésorerie, signal d’alerte majeur
Une activité viable respire financièrement.
Si chaque fin de mois est source d’angoisse, si les charges sont payées “au dernier moment”, si le moindre imprévu met en danger l’équilibre, c’est un signal clair.
La trésorerie n’est pas un détail technique, c’est souvent le meilleur indicateur de viabilité.
Une activité saine laisse une marge de manœuvre, même modeste.
La dépendance aux clients
Autre critère clé : la dépendance.
Une activité repose-t-elle sur un seul client ? Deux clients majeurs ? Une plateforme unique ?
Plus une activité dépend d’un élément extérieur incontrôlable, plus sa viabilité est fragile.
Cela ne signifie pas qu’il faut être parfaitement diversifié dès le début, mais il faut au moins être conscient du risque.
L’énergie nécessaire pour faire tourner l’activité
La viabilité n’est pas uniquement financière.
Elle est aussi humaine.
Si l’activité nécessite :
- une charge mentale permanente
- des horaires intenables
- une pression constante
alors elle s’use rapidement, même si elle rapporte.
Beaucoup d’entreprises ne s’arrêtent pas faute d’argent, mais faute d’énergie.
La capacité à évoluer
Une activité viable aujourd’hui doit pouvoir s’adapter demain.
Cela signifie :
- ajuster ses prix
- faire évoluer son offre
- changer de positionnement si nécessaire
Un modèle figé, qui ne laisse aucune marge d’évolution, devient rapidement obsolète ou étouffant.
Les signaux qui doivent alerter
Certaines situations doivent pousser à s’interroger sérieusement :
- travailler plus sans améliorer ses revenus
- repousser constamment sa rémunération
- dépendre d’un seul levier fragile
- ne pas voir d’amélioration malgré les efforts
Ces signaux ne signifient pas forcément qu’il faut arrêter, mais qu’il faut repenser.
Une activité viable n’est pas parfaite
Enfin, il faut déconstruire un mythe : une activité viable n’est pas une activité sans difficultés.
Les débuts sont souvent inconfortables, irréguliers, imparfaits.
Ce qui compte, c’est la trajectoire.
Une activité est viable si elle progresse, même lentement, vers plus de stabilité, plus de cohérence et plus de sérénité.







