Le groupe français de services numériques Capgemini a annoncé la mise en vente de sa filiale américaine Capgemini Government Solutions, impliquée dans des contrats technologiques avec l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cette décision intervient après une controverse politique et sociale autour de la collaboration avec l’agence chargée de la politique migratoire américaine.
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Voir les documents disponiblesUne filiale au cœur d’un contrat sensible
La filiale américaine de Capgemini, spécialisée dans les marchés publics fédéraux, travaillait pour Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’agence américaine chargée du contrôle de l’immigration.
Elle fournissait des services informatiques destinés notamment à analyser des données et à localiser des individus recherchés par l’administration. Ces prestations, connues sous le nom de « skip tracing », servent à identifier et retrouver des personnes en situation irrégulière.
Si le contrat initial représentait quelques millions de dollars, son montant pouvait potentiellement grimper beaucoup plus haut selon les performances et les options activées. Surtout, la nature même de la mission a suscité un malaise : l’ICE est régulièrement critiquée pour ses méthodes jugées brutales et pour son rôle central dans les expulsions massives d’étrangers.
Une pression politique et médiatique en France
En France, la révélation de cette collaboration a rapidement déclenché des réactions.
Syndicats, élus et responsables politiques ont questionné la responsabilité éthique du groupe. Pour beaucoup, voir une entreprise française associée à une agence aussi controversée posait un problème d’image et de cohérence avec les valeurs affichées par le groupe.
La polémique a dépassé le simple cadre contractuel. Elle a touché à la réputation globale de Capgemini, dont une grande partie des clients sont des entreprises et administrations publiques européennes.
Or, dans les services numériques, la confiance et l’image comptent presque autant que la performance technique.
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Voir les documents disponiblesUne décision stratégique pour protéger la réputation du groupe
Face à ces critiques, Capgemini a choisi une solution radicale : lancer la vente de sa filiale gouvernementale américaine.
Le groupe explique que les règles spécifiques entourant les contrats fédéraux classifiés limitent son contrôle direct sur certaines opérations locales. En clair, la maison mère ne peut pas toujours superviser précisément ce que fait sa filiale sur ces marchés sensibles.
Même si cette activité ne représente qu’une part marginale de son chiffre d’affaires total, le risque réputationnel est, lui, bien plus important.
En se séparant de cette entité, Capgemini cherche donc à réduire son exposition politique et à éviter que ce type de controverse ne fragilise ses relations avec ses clients européens.






