Stellantis va interrompre temporairement la production dans trois de ses usines françaises au cours du mois d’octobre. À Sochaux et Rennes, ces arrêts s’expliquent notamment par des difficultés d’approvisionnement en batteries de grande capacité utilisées sur plusieurs véhicules électriques du groupe. Une situation particulière puisque le constructeur affirme que la demande pour ces versions reste supérieure à ses capacités actuelles d’approvisionnement.
Les sites de Sochaux, Rennes et Mulhouse vont connaître plusieurs jours d’arrêt de production en octobre 2026. Selon Stellantis, l’usine de Sochaux cessera son activité du 23 au 30 octobre, tandis que celle de Rennes sera arrêtée du 22 au 30 octobre. À Mulhouse, la suspension sera plus longue, du 15 au 30 octobre. Les raisons de ce dernier arrêt sont toutefois distinctes des difficultés d’approvisionnement en batteries rencontrées sur les deux autres sites.
Une pénurie de batteries qui touche Sochaux et Rennes
À Sochaux, où Stellantis produit notamment les Peugeot 3008 et 5008, la décision est directement liée à une disponibilité insuffisante des batteries destinées aux versions électriques Grande Autonomie. Le même problème concerne l'usine de Rennes, qui assemble notamment le Citroën C5 Aircross.
Ces véhicules utilisent notamment des batteries de grande capacité produites par Automotive Cells Company (ACC). Le fabricant franco-européen exploite une gigafactory à Billy-Berclau Douvrin, dans le Pas-de-Calais. ACC a été créé par Stellantis et Saft, filiale de TotalEnergies, avant l'entrée de Mercedes-Benz au capital en 2022.
La batterie concernée atteint environ 97 kWh et équipe plusieurs modèles électriques du groupe Stellantis. ACC indique notamment produire en France une batterie de 97,2 kWh destinée aux versions à grande autonomie de certains véhicules du constructeur.
Le problème intervient alors qu'ACC poursuit la montée en cadence de son outil industriel. Selon Reuters, le fabricant estime que sa production de modules réalisée sur le seul mois de septembre 2026 devrait être proche de celle enregistrée sur l'ensemble de l'année 2025. Stellantis considère néanmoins que les volumes reçus restent actuellement insuffisants. De son côté, ACC assure que ses livraisons sont conformes aux engagements pris avec son client.
Stellantis préfère ralentir plutôt que produire des véhicules moins demandés
La situation présente une particularité : ces interruptions de production ne sont pas provoquées par un manque de débouchés pour les versions concernées. Stellantis indique au contraire que la demande pour ses modèles électriques Grande Autonomie reste soutenue, notamment auprès de la clientèle professionnelle, et dépasse actuellement ses capacités d'approvisionnement.
Le constructeur préfère donc ajuster temporairement son programme industriel plutôt que d'augmenter la production de configurations correspondant moins aux commandes enregistrées. L'objectif est d'éviter d'accumuler des stocks de véhicules qui ne répondraient pas à la structure actuelle de la demande.
Cette stratégie pourrait toutefois avoir une conséquence directe sur les délais de livraison des modèles électriques concernés. Les Peugeot e-3008 et e-5008 ainsi que le Citroën ë-C5 Aircross figurent notamment parmi les véhicules utilisant les batteries de grande capacité produites par ACC.
Le contexte commercial de Stellantis en France reste par ailleurs solide. Sur les huit premiers mois de 2026, le groupe revendiquait une part de marché de 28,5 % sur l'ensemble des véhicules particuliers et utilitaires légers. Le Peugeot 3008 figurait également parmi les dix modèles les plus vendus en France sur cette période.